Pendant la fin du confinement

Parler avec un masque m »exaspére. Alors je ne parle presque plus aux étrangers. Je ne souris plus non plus. Non pas que je sois de mauvaise humeur, n’ayant plus le contact de la brise, et la non-envie de parler me donne un air sérieux. Et selon les photos de moi lorsque je ne souris pas j’ai l’air bête. Cet air qui m’a de nombreuses fois éviter de me faire approcher par des faiseurs de trouble. Mon bouclier, ma protection. Avec le masque aucun besoin de ce réflexe. Mais je n’en ai pas envie. Résultat ? Avec mon humble demi siècle affranchi fièrement, les muscles faciaux ont lâché prise. Ma face a tombé depuis le début du confinement. Oh non, je n’ai pas perdue la face, du moins pas encore. Mais ça commence à pendouiller de chaque côté de mon visage. J’aime pas ça. J’aime pu rien au fond.

En prenant l’autobus ce matin, une idée m’a traversé l’esprit : et si je me forçais à sourire en cachette derrière mon masque ? Répandre des étoiles d’amour incognito. Car oui, le sourire est pour moi une forme d’amour.

Chin Chin Café

Mau Way

L’amour

On vient de terminer la St-Valentin 2020, et comme, chaque année, la blague du chocolat à 50 % moins cher, fait le tour, autant en ligne que dans la réalité. Ensuite, il y a la vague des célibataires tristes, ou endurcis, qui fait sa tournée. Mea culpa, je fais partie de la seconde catégorie de célibataire. Au point que je me demande même si je ne devrais pas tout simplement faire une croix là-dessus. Ne vous inquiétez pas, je n’en suis point démoralisée. Je croise souvent des gens intéressants, mais aussi des gens pressés à être en relation, s’ils ne cherchent carrément pas que du sexe. Je trouve ça épuisant. Pourtant je ne fais pas de magasinage sur les sites de rencontres.

On dit qu’à la St-Valentin on fête toutes les formes d’amour; nos parents, nos enfants, nos amis es. Oui, l’amour est partout, mais au risque de passer pour une kétaine, cette fête se veut surtout pour les amoureux à prime à bord. Je crois surtout qu’on nous a suggéré d’élargir notre vision de cette journée, surtout pour agrandir le côté marketing et rentable, ciblant encore une fois nos portefeuilles.

Pour ceux et celles qui vivent l’amour amoureux, je vous souhaite longue vie dans votre complicité.

Quoi qu’il en soit, si je trouve mon match parfait, mon extraterrestre, il devra aimer le café!

Chin Chin Café

Mau Way

Musiciens du métro

Pour les habitués du métro, vous savez qu’il n’est pas rare de voir des SDF et des mendiants. Je pense à cet homme, dont les jambes plient à l’envers au niveau des genoux, que je croise souvent au métro Jean-Talon, ou celui qui se promène un peu partout, avec une feuille plastifiée, un texte et une photo imprimée sur cette feuille… la même feuille depuis des années.

Pour les SDF, puisque je n’ai pas souvent de monnaie sur moi (vive les cartes de débit), il m’arrive d’arrêter au dépanneur pour leur acheter un petit quelque chose à grignoter.

Les musiciens et chanteurs, en général, sont bien organisés : micros, amplis et instruments de musique. Il y a dans cette catégorie une vraie mine de talent! Je pense à ce grand, debout avec sa guitare électrique, quelle voix! Ou encore ce monsieur d’un certain âge, assis avec sa guitare électrique blanche, une voix chaleureuse, exotique et entrainante. Mais il y a aussi cette femme, que je crois vers 6 h au métro Henri-Bourrassa. Elle se donne, sans instrument et sans micro. Elle chante pour elle-même. Elle chante pour nous.

Avec ses sacs, je me suis souvent demandé si elle avait un toit. Je lui ai même offert des bottes durant le temps des fêtes. Elle a refusé en me remerciant malgré tout. Elle disait ne pas vouloir vivre à nos dépends, elle ne veut pas faire pitié. Nous avons parlé un peu, pour le peu de temps que je disposais pour ne pas être en retard au bureau. Je lui ai dit qu’elle réchauffait mon cœur le matin lorsque je l’entendais. Elle en a eu les larmes aux yeux. C’est tout ce qu’elle désire, nous toucher de sa voix. Oui, il m’arrive de percevoir de fausses notes, mais de sa voix rauque et claire, elle ne me laisse pas indifférente à son chant. Pour moi-même, je l’ai baptisé la Janis Joplin du métro. Oui, je vois des gens se moquer d’elle du regard. Si ces gens faisaient comme moi, laisser la voix de cette femme faire vibrer leur cœur, ils auraient surement un sourire aux lèvres plutôt que leur air bête.

Alors, je vous salue et remercie, tous les Janis Joplin du métro, ces rayons de soleil ambulants, ainsi que tous les artistes, même si beaucoup de zombies vous croisent, sachez que vous apportez un peu de chaleur humaine à quelques-uns, car je ne crois pas être la seule personne que cela affecte.

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Sortir de sa zone de confort

Faire mes capsules de Chin chin café me permettent d’explorer les façons de faire mes rencontres. Que ce soit par ma façon de jouer avec mes caméras, ou avec mon programme de montage. Je suis autodidacte, je n’ai pris aucun cours qui se rapproche de près ou de loin, à ce que je fais. À chaque rencontre j’expérimente un truc ou deux. Je dois vous avouer que je m’amuse énormément, surtout au montage. Par contre, depuis ma première rencontre, qui a été le point tournant de ma sortie de zone de confort, je ne cesse de faire des trucs pour la première fois.

Je n’ai pas de voiture, et en tant que montréalaise, j’ai ma routine de trajet. Je me surprend maintenant à aller dans des coins de la ville où je ne suis jamais allé seule. Je trouve ça génial.

Le 20 juillet 2018 je me suis surpassé. Ah! je suis déjà allé dans la ville de Québec en autobus, mais je n’ai rien trouvé de stressant. Le trajet était simple et pas compliqué. Mais ce 20 juillet était autre chose, ailleurs. Donc je n’utilise pas la même compagnie d’autobus. On me dit d’aller à la station de métro Bonaventure, là où il y a la gare.

Arrivé à la gare, je me demande ce que je fais là. C’est immense comme endroit. Je suis perplexe car je me dis que je dois prendre un autobus et je me retrouve où il y a les trains. Je crois alors avoir mal compris. Je me retrouve en ligne pour la compagnie de VIA Rail. Je parle avec la dame qui semblait aussi surprise que moi. Elle me guide vers les trains de banlieue. Là aussi la dame semblait ne pas comprendre ce que je disais. Entre-temps j’appelle l’amie que je dois aller rejoindre à St-Jean-sur-Richelieu. Elle me confirme que c’est un autobus que je dois prendre. Elle tente de m’indiquer le chemin, mais étant stressée, je comprenais à moitié ce qu’elle me disait. J’ai dû revenir sur mes pas (heureusement j’étais en avance). Je ne prend pas de chance et me dirige directement à l’employé du métro (vous savez, ceux qui se trouvent dans une cage de verre). Sympathique monsieur. Il me dit où prendre l’autobus que je cherche. Toujours en discutant, il m’avise qu’il n’y a pas d’endroit pour acheter de billet, je dois avoir le montant exact ( 10.25 $ … et bien sûr je n’ai que des 20$ sur moi) La montre ne cessant de tic-taquer, je me précipite dans un de ces petits dépanneurs qu’on retrouve dans les stations de métro. Je m’achète un paquet de brownies (petites bouchées de gâteau au chocolat) juste pour casser mon 20$. Je marche rapidement à l’emplacement des portes pour ces autobus. Sac à dos tout croche, trépied pour ma caméra dans mes bras, mon téléphone mobile, les brownies, et mon argent dans les mains (les dollars n’étant plus de papier, ils ne sont pas pliables et ils glissent comme des feuilles de plastique). J’arrive sans courir à la bonne porte d’embarquement, avec seulement quelques minutes d’avance. Je parle avec mon amie au téléphone avec mes mains et bras toujours chargés. Quand vient mon tour de passage dans l’autobus, je crois avoir découragé le chauffeur. Il a dû m’aider à prendre l’argent nécessaire pour payer, car je risquais de tout échapper. Voilà! je l’ai fait! Je sors de MA ville! (première partie de la vidéo plus bas)

J’ai eu beaucoup de plaisir à faire ma vidéo avec mon amie auteure Ellyxia Castle. Je me suis promis de retourner la voir. On a rit, parlé, mangé, et rit encore. Mon retour à la maison s’est bien passé. Seule l’heure tardive m’inquiétais. Je ne voulais pas manquer mon dernier autobus pour le trajet en sortant du métro pour me rendre chez moi.

Quoi qu’il en soit, l’endroit où j’attendais l’autobus pour retourner à Montréal, était désert et étrange. Je laissais aller mon imagination, ayant déjà été une fan de film apocalyptique du genre Mad Max. (deuxième partie de la vidéo plus bas)

Voilà ma petite histoire de cette journée que je ne suis pas prête d’oublier!

Chin Chin Café!

Mau Way